Frôler Sa Haine - Chapitre 2.2

Publié le 25 Mars 2015

Frôler Sa Haine - Chapitre 2.2

(2.1...)

Les KK-Nazers étaient l’épine putride dans le pied de Kolun et ses environs. Ce groupe, composé des soi-disant derniers caucasiens de l’Europe, s'opposait clairement à ce que des personnes d’une autre couleur de peau fassent de cette région leur possession. Après les multiples menaces, qu’on avait cru bon d’ignorer (après tout, ils ne représentaient qu’une infime minorité), il y avait eu deux meurtres... Mais la justice de Kolun, comme celle d’Akaville, avait déclaré, impuissante, qu’elle ne possédait aucune preuve tangible contre les auteurs présumés, aucune identification fiable. Par conséquent, personne n’avait été puni, ni arrêté.

Julia se souvenait bien de ces deux meurtres car l'un deux avait arraché la vie à une personne qu'elle aimait tendrement et dont sa famille était proche. Elle observa Olivia, qui s'était endormie dans son siège enfant à l'arrière de la voiture, et reconnut qu'il lui arrivait d'avoir peur, lorsque Nasser, son frère qui habitait à Kolun, la lui confiait pendant les vacances. Julia vivait dans la maison familiale à Akaville, et cela la préoccupait pour sa nièce, de savoir que ces derniers mois, quelque chose avait ravivé l’action des KK-Nazers.

La nuit était tombée à son arrivée au village, et sa voiture approchait des grandes portes d'entrée. Celles-ci étaient toujours ouvertes, sauf en cas d'urgence ou de danger imminent. Et c'était apparemment le cas ce soir. Julia avait grandi ici, elle connaissait toutes les lumières de son village. Petite, la nuit venue, elle s’amusait à identifier les différentes nuances orangées des lampes, à dire qui était chez lui, qui faisait la lecture à ses enfants, qui mangeait encore tout seul devant une projection… Mais cette grande lumière rougeoyante, et d’une terrifiante et criante redondance, et qui provenait du centre du village, lui arracha un frisson glaçant. C'est le cœur battant qu'elle avança sa voiture jusqu’à la hauteur du poste de garde.

Des cris lointains et chargés de colère réveillèrent Olivia, alors qu’Emo, le gardien du village, s’approchait du véhicule. Les portes s’ouvraient lentement…

- 'Soir, mam’selle Dika ! Claironna-t-il, apparemment peu (ou trop) atteint par les événements. On est en quarantaine ! Et dès demain, c’est couvre-feu à 6h du soir pour tous ! Ordre du représentant de la ville Pérez. Entrez, entrez !

- Qu’est-ce qui se passe, Emo ? Interrogea-t-elle, mi-angoissée, mi-énervée par l’état d’excitation de l’homme.

- On les a eu, c’te fois ! Les salauds du KK-Naz ! Chuchota Emo en levant les sourcils. Et cette fois, on ne les laissera pas à ces cons de flics, si vous voyez c’que j’veux dire!!

- Quoi ?! Comment ça ? S'écria-t-elle, effrayée par ce sous-entendu.

- La justice du peuple, y’a qu’ça d’vrai, nan ? !! La défia Emo, d'un ton suintant de cynisme.

Julia ne cilla pas face au visage déformé d’Emo, mais sans faire commentaire, elle appuya sur l'accélérateur. Qu'entendait-il exactement par « justice populaire » ? Les frapper ? Ou pire ? C'était non seulement stupide, mais ça les transformerait tous en criminels ! Et ça pouvait tous les mettre dans une situation délicate par rapport à la région.

Akaville comme toutes les villes de la région avait signé la charte de justice de Kolun. De mémoire, cette charte interdisait entre autres, les génocides et autre actes débiles de justice populaire du genre… Les conséquences d’une rupture de ce pacte régional avec Kolun pouvaient être dévastatrices, d’autant plus que la région avait convenu que le groupe KK-Naz était un problème commun.

Tiago Pérez, le représentant de la ville était un ami très proche ; Julia comptait bien aller lui demander ce qu’il en était. Il devait empêcher cette vengeance, non seulement pour le bien de tous les Akavilliens, mais aussi parce que Nasser passerait dans la ville d'ici deux ou trois jours, pour reprendre Olivia. S'ils faisaient quoi que ce soit d'inconscient, celui-ci ferait son rapport à ses supérieurs.

Elle se dirigeait vers la place centrale du village, quand elle remarqua que sa nièce gesticulait dans tous les sens et regardait de tous les côtés, intéressée par l’agitation ambiante. Julia appuya sur l’accélérateur. Il n'était pas question que la petite assiste à tout cela ! Elle devait d’abord la mettre en sécurité chez une amie, et pendant que cette dernière veillerait sur l’enfant, elle irait discuter avec Tiago.

Faites que Nani soit chez elle, mais Julia en doutait vraiment et avec raison.

A suiiivre! ^^ :p

RBD

Rédigé par Reine Dibussi

Publié dans #FSH, #Nouvelle, #livre illustré adulte, #concept art, #colorisation numérique

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Reine Dibussi 26/03/2015 18:01

Hihi! Merci. Oui, j'aime bien aussi. :)

hertzy vital 26/03/2015 15:35

Hummm...en attente de la prochaîne cuisson...j'aime bien le côté futuriste...