Frôler Sa Haine - Chapitre 1.2

Publié le 23 Mars 2015

(...1.1)

De son côté, Julia ne comprenait pas le problème de cette machine : à présent, des quantités incroyables de billets sortaient sans interruption de la fente. Paniquée, elle avait essayé de les bloquer avec sa main, mais c’était bien en vain. Voilà ce qu’on récoltait à remplir leur quotidien d’appareils qu’aucune entreprise ne fabriquait plus depuis des lustres !! Dépitée, elle se ravisa, puis se rappela d’Olivia qui devait aussi s'inquiéter de toute cette agitation qui ne lui ressemblait pas : il était temps de se résigner et d'entrer dans la banque pour les prévenir qu'ils étaient en train de se ruiner. Mais après avoir vainement balancé sa main dans le vide, en cherchant à saisir celle de sa nièce, elle se retourna pour constater avec effroi, qu'Olivia n'était plus là. C'est alors qu'elle l'aperçut sur le bord de la chaussée... Et là, se rapprochant d’elle... la voiture !

- Oliiiii ! Attention ! Hurla-t-elle désespérément en se précipitant à sa rencontre.

Par chance, le chauffeur qui parlait dans son oreillette avait entendu son cri strident, et freina sans autre réflexion, ce qui laissa le temps à un homme en kaki de saisir l'enfant et de la ramener en sécurité sur le trottoir.

Le chauffeur expira un trop-plein de surprise, d’effroi et de soulagement, vérifia avec une nervosité certaine que l’accident avait été évité et que tous les piétons avaient retrouvé leur place sur le trottoir, avant de reprendre sa route en grommelant dans son oreillette.

A peine le bon samaritain avait posé l'enfant par terre que la femme la prit dans ses bras, en tremblant de tout son corps. La petite ne semblait pas secouée, car en effet, toute son attention restait portée sur les ballons.

L’homme secoua la tête, incrédule, devant tant d’hypocrisie de la part de l’adulte : pourquoi venir jouer les victimes après coup lorsqu’on était incapable de surveiller son rejeton ? Elle pouvait bien épargner tout ce cinéma aux badauds qui les dévisageaient maintenant ; c’était vrai, il haïssait que l’imprudence de cette soi-disant mère l’ait forcé à faire... ça ! Lui ! Il pensait sérieusement à énoncer cette pensée quand elle leva sur lui ses yeux dorés, qui, il ignorait comment, avaient réussi à lui couper la parole.

- Merci ! Je n'aurais jamais dû la lâcher ! Lança-t-elle humblement, la voix encore frêle de panique. Comment pourrais-je vous remercier, monsieur... ?

L’homme se raidit brusquement. Il ne s'attendait pas à cette réaction de la part de la femme... Elle voulait connaître son nom ? A lui !? Si seulement elle se doutait de ses pensées à son égard en ce moment même ! !! Non, il ne valait mieux pas qu'il reste là, à causer avec elle, car ce serait non seulement une perte de temps, mais aussi... Bon sang !

En parlant de temps il était carrément à la bourre !! Il se souvint qu'on l'attendait là-bas. En un coup d'œil à sa montre, il réalisa les minutes précieuses qu'il avait perdues à sauver la vie cette gamine, au lieu d'aller secourir une dizaine de personnes qui risquaient sûrement maintenant la leur ! Il toisa froidement la jeune femme, espérant ainsi exprimer tout le mal qu'il pensait d'elle, puis s'en alla en courant. Il serait bientôt trop tard...

Julia fut parcourue d'un frisson lorsqu'il partit, mais ne laissa rien paraître. Il avait raison de la prendre pour l’écervelée qu’elle avait été, en mettant ainsi en danger sa nièce chérie.

- Viens, ma puce. Dit-elle en emmenant la petite. On a encore une bonne heure de route jusqu'à Akaville !

Julia n’avait plus l’intention de la quitter des yeux. Et quant aux agents de la banque, ils allaient bien trouver tous seuls comment s’occuper de leurs distributeurs fous.

(A suivre...) ;)

Son attention restait sur les ballons

Son attention restait sur les ballons

Rédigé par Reine Dibussi

Publié dans #Nouvelle, #concept art, #FSH

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